Dans la vidéo, je vous donne mes 30 conseils pour randonner sous la pluie, tournés sous un ciel bien changeant sur le GR du Tour du Bassin d’Arcachon. Ici, on passe au concret : comment lire l’étiquette d’une veste, quelle protection choisir, comment lire une prévision de pluie, comment entretenir son équipement, et une check-list à garder sous la main.
L’essentiel en 30 secondes
- Une veste se juge sur deux chiffres : sa colonne d’eau (imperméabilité) et son indice RET (respirabilité).
- Veste en montagne, poncho en plaine, parapluie en forêt : chaque protection a son terrain.
- Regardez l’intensité de la pluie (en mm par heure), pas seulement le pictogramme.
- Une veste qui « prend l’eau » a souvent juste besoin d’un lavage et d’un coup de chaleur.
1. Savoir lire l’étiquette d’une veste de pluie
Sur les fiches produits, deux chiffres font toute la différence entre une veste qui vous garde au sec et une veste qui vous transforme en sauna. Encore faut-il savoir les lire.
L’imperméabilité : la colonne d’eau
Elle se mesure avec le test Schmerber et s’exprime en millimètres : plus le chiffre est élevé, plus le tissu résiste à la pression de l’eau (la pluie battante, mais aussi les bretelles du sac qui appuient sur les épaules).
| Colonne d’eau | En pratique |
|---|---|
| Moins de 5 000 mm | Simplement déperlant : bruine et petites averses |
| Environ 10 000 mm | Pluie modérée et continue : le bon compromis pour la randonnée |
| 20 000 mm et plus | Pluie forte et longue exposition : montagne, itinérance, conditions dures |
La respirabilité : l’indice RET
L’indice RET (norme ISO 11092) mesure la résistance du tissu au passage de la vapeur d’eau, c’est-à-dire de votre transpiration. Attention, ici c’est l’inverse : plus le chiffre est bas, mieux c’est.
| Indice RET | Respirabilité | Pour quel usage |
|---|---|---|
| Moins de 6 | Extrêmement respirant | Efforts intenses, longues montées |
| 6 à 12 | Très respirant | Randonnée classique |
| 12 à 20 | Moyennement respirant | Balade tranquille, ville |
| Plus de 20 | Peu respirant | À éviter à l’effort |
Bon à savoir : on voit aussi l’indice MVTR (en grammes par m² et par 24 h). Lui fonctionne dans l’autre sens : plus il est élevé, plus la veste respire. Et un mot sur le vocabulaire : imperméable veut dire que la pluie ne passe pas pendant un certain temps, étanche que rien ne passe, même en immersion.

2. Veste, poncho ou parapluie : le comparatif
| Veste à membrane | Poncho | Parapluie de randonnée | |
|---|---|---|---|
| Prix | Élevé | Faible | Faible à moyen |
| Ventilation | Bonne si la membrane est de qualité | Très bonne | Excellente |
| Protège le sac | Non | Oui | En partie |
| Tient au vent | Oui | Moyen | Non |
| Double usage | Coupe-vent | Abri ou tarp pour certains modèles | Ombre en plein soleil |
| Terrain idéal | Montagne, crêtes, vent | Plaine, chemins larges | Forêt, pluie fine |
Mon choix, je l’explique dans la vidéo : la veste à membrane en montagne, le poncho pour la plaine. Le parapluie, je ne l’ai pas encore testé en itinérance. Vous l’utilisez ? Dites-moi en commentaire ce que ça donne.

3. Lire une prévision de pluie comme un randonneur
Un pictogramme « pluie » ne veut pas dire grand-chose. Ce qui compte, c’est la quantité d’eau, exprimée en millimètres : 1 mm de pluie, c’est 1 litre d’eau tombé sur chaque mètre carré. Deux chiffres sont à regarder :
- L’intensité, en mm par heure. Repères couramment utilisés : moins de 2,5 mm/h, c’est une pluie faible ; de 2,5 à 7,5 mm/h, une pluie modérée qui mouille franchement ; au-delà, une pluie forte.
- Le cumul sur la journée. 5 mm étalés sur huit heures, c’est une bruine supportable. 5 mm en une demi-heure, c’est une averse : mieux vaut attendre à l’abri qu’elle passe.
Avant une sortie, consultez aussi la carte de vigilance de Météo-France : en orange ou en rouge pour les orages ou les pluies-inondations, on reporte.
L’orage : la règle des 3 secondes
Comptez les secondes entre l’éclair et le tonnerre, puis divisez par 3 : vous obtenez la distance de l’orage en kilomètres (le son parcourt environ un kilomètre en 3 secondes). Si l’écart diminue, l’orage se rapproche : quittez les crêtes et les sommets, éloignez-vous des arbres isolés et des clôtures métalliques, et ne vous abritez pas sous un surplomb exposé.

4. Entretenir sa veste pour qu’elle reste imperméable
Une veste qui semble « prendre l’eau » n’est souvent pas percée : c’est son traitement déperlant qui est fatigué. Le tissu extérieur se gorge d’eau, la membrane ne respire plus, et la condensation à l’intérieur donne l’impression d’être mouillé. La bonne nouvelle, c’est que ça se répare.
- Le test : versez un peu d’eau sur la veste. Si les gouttes perlent et roulent, tout va bien. Si le tissu fonce et absorbe, il est temps d’agir.
- Lavez-la : la saleté et la transpiration bouchent le tissu. Lessive liquide douce, sans adoucissant, et un bon rinçage, en suivant l’étiquette.
- Un coup de chaleur : si l’étiquette l’autorise, un passage au sèche-linge à basse température réactive souvent le traitement déperlant.
- Réimperméabilisez si ça ne suffit plus : un produit en spray ou à mettre dans la machine, spécial vêtements techniques.
5. La check-list rando sous la pluie
Sur moi
- Première couche synthétique ou en laine mérinos (jamais de coton)
- Veste imperméable ou poncho, casquette à visière ou chapeau de pluie
- Guêtres hautes si le terrain est humide, bâtons pour les descentes glissantes

Dans le sac
- Un grand sac étanche en doublure, plus une housse de pluie extérieure
- Des sacs étanches séparés : vêtements, nourriture, électronique
- Une pochette étanche transparente pour la carte et les papiers
- Trois paires de chaussettes, des pansements anti-ampoules
- Une tenue complète au sec pour l’arrivée
- Une serviette microfibre et des encas faciles à manger

Avant de partir
- Prévision heure par heure et vigilance Météo-France consultées
- Un itinéraire de repli repéré, un proche prévenu
6. Au retour : bien faire sécher son matériel

- Chaussures : retirez les semelles, bourrez-les de papier journal et changez-le plusieurs fois. Jamais collées à un radiateur ou au feu : la chaleur directe abîme les colles et le cuir.
- Tente : dépliez-la et faites-la sécher entièrement dès le retour, même si vous l’avez repliée sèche. Rangée humide, elle moisit en quelques jours.
- Sac à dos : videz-le complètement, ouvrez toutes les poches et laissez-le sécher à l’air libre.
- Électronique : sortez téléphone, batterie et frontale de leurs pochettes et laissez-les sécher avant de les recharger.

Pour les astuces de terrain, le Nylofume, le séchage au bivouac et tout le reste, c’est dans la vidéo plus haut. Si cette fiche vous a été utile, abonnez-vous à la chaîne YouTube illicorandos et partagez-la à vos amis randonneurs. Prenez bien soin de vous sur les chemins, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau !
